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18 juin 2013

Vers l’apocalypse, à moins que…

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Je sais ce que je dis !

Parler c’est dire quelque chose qui engage. À moins de parler pour ne rien dire, nos prises de position, nos engagements privés ou publics nous semblent parfaitement argumentés. Mon voisin de palier en est le parfait exemple. Il m’interdit par sa véhémence de contester le moindre de ses propos. Malheureusement, ce n’est pas son intelligence qui lui dicte son raisonnement. Je ne veux pas dire qu’il soit inintelligent. Mais c’est son inconscient qui lui dicte son discours.  Toute figure d’autorité déclenche son ire. Une décision prise par le directeur de son entreprise, le ton de Marine Le Pen ou de Hollande au cours de leur dernière interview le met en rage. La source de cette énergie contestatrice est logée dans sa croyance en un dieu imaginaire. Le plus drôle est qu’il dit ne pas croire en Dieu. Et pourtant c’est bien le pouvoir que Dieu est supposé détenir qu’il voudrait posséder. Ce qui le met facilement en fureur c’est qu’il sent bien ne pas avoir la totale maîtrise, la parfaite connaissance du bien et du savoir. Dieu comme les politiques, les directeurs d’entreprise, ou toute autre figure d’autorité possible sont à son avis dans l’erreur. Il lui faut donc les éliminer, les réduire au silence. Car c’est lui qui doit être dieu.

Nombreux sont les contestataires qui lui ressemblent

Mon voisin de palier n’est pas le seul à fonctionner de cette façon.
Les catholiques fidèles à l’encyclique humanum vitae(1968) qui interdit la contraception, l’avortement même pour raisons médicales, obéissent à la même pulsion inconsciente: Le Dieu qu’ils invoquent est le Dieu pervers du Deutéronome ou du Lévitique qui interdit sous peine de mort, de contrevenir à la loi considérée comme la seule valable. Pourquoi ? Parce que, disent-ils,  c’est la loi de nature mise en place par Dieu lui-même. Les évangéliques sont sur ce point en totale harmonie avec les catholiques qu’ils détestent pourtant. Newton avait pourtant démontré que l’évolution avait permis la venue au monde de l’homo sapiens il y a 50 000 ans, après la disparition de l’homme du Neandertal. Ce dernier était une expérience ratée qui avait durée un million d’années ! La loi de nature avait été modifiée. Le Dieu que ces intégristes imaginent véritablement exister, est exactement à l’image du dieu qu’ils voudraient être : tout puissant, pervers et dominateur. Le nourrisson qui exige à tout moment le sein de sa mère a déjà, sans encore le savoir, ce Dieu-là en tête.

Naissance du surmoi

Freud avait démonté le mécanisme. Si je tue cette figure du père tout puissant qu’est Dieu pour moi, tout simplement parce que je souhaite prendre sa place pour détenir la toute-puissance, la connaissance parfaite du bien et du mal, le résultat escompté est désastreux. Après l’avoir tué, nié, je me sens coupable. Je ressens au plus profond, un besoin d’autopunition et me soumets de moi-même à ce que je supposais que ce Dieu m’imposait. C’est le surmoi qui me domine et me dicte inconsciemment ce que je dois dire ou faire. Ici donc la loi de nature devient vérité sacrée. Mon surmoi m’impose de la respecter à tout prix. Alors que c’est la loi de culture qui s’impose et évolue.

Le Dieu dévoilé par Jésus

Le Dieu annoncé par Jésus n’a absolument rien à voir avec ce dieu-là. Ce Dieu dénoncé par Jésus est celui du Deutéronome ou du Lévitique dont parle souvent l’Ancien Testament. Jésus n’a jamais dit qu’il fallait tuer les homosexuels, lapider les femmes adultères, ni d’ailleurs les collecteurs d’impôts. Jésus se permettait même de guérir un  mal voyant, un lépreux ou un paralytique sans lui demander auparavant de confesser ses péchés. C’était si scandaleux que les hommes d’Église de son temps l’on fait assassiner.
Dostoïevski  dans sa nouvelle « Le grand inquisiteur »,  raconte comment l’Église n’hésiterait pas a refaire la même chose si Jésus revenait incognito soigner et guérir les mécréants sans leur demander de réciter auparavant une confession des péchés.  Freud avait imaginé dans son mythe Totem et Tabou comment les fils d’un père tout puissant s’étaient ligués pour le tuer et le dévorer afin de s’approprier la toute-puissance du père castrateur. Malheureusement pour eux, ils en eurent tant de remords qu’ils s’imposèrent à eux même plus violemment que ne leur aurait imposé leur père, la même rigoureuse loi. Cette loi intérieure, leur surmoi, dictait alors leur comportement, et…leur argumentation si souvent stupide. Ils se sont fait un dieu à l’image de leurs désirs de toute puissance. C’est ce dieu que Jésus dénonce en mourant sur la croix.

La venue de l’homme post-moderne


Cette histoire a une fin. En effet, comme le disait déjà Newton, la société évolue. Un lien social est indispensable à la survie de toute société. Pendant des millénaires, ce lien social était la crainte du dieu pervers qui imposait le bon fonctionnement des rouages de la société. Puisque l’on croyait que Dieu le voulait ainsi, les parents s’accouplaient sans obligatoirement s’aimer, pour assurer tout simplement le maintien du patrimoine et la survie de l’espèce.
À partir du seizième siècle, les choses commencèrent à changer. L’on pouvait fonder une famille  par inclination réciproque. L’individualisme était né. Peu à peu c’est le droit, puis la Déclaration des Droits de l’Homme qui ont fonctionné comme sources du lien social. L’homme avait commencé à remplacer Dieu.
On mit alors quatre siècles à inventer la démocratie.
Le néolibéralisme s’imposa (1970)avec la mondialisation. L’individualisme aidant, la démocratie commença à s’effilocher au profit d’une autre vision de l’homme. Celle de l’homme post-moderne. Il n’a plus de surmoi. Il vit dans l’instant. Son seul but est de satisfaire sans attendre,  le moindre de ses désirs. Il n’éprouve plus le moindre sentiment de culpabilité. Les psychanalystes disent qu’il n’est plus névrosé comme les clients que soignait Freud. Ils sont devenus psychotiques, paranoïaques. Freud n’avait pas prévu cette dernière étape.


La venue de l’apocalypse


La naissance de l’homme post-moderne est un terreau favorable pour le développement des religions qui, nourries d’une sainte ignorance, retournent comme le chien à ses vomissures. Les intégrismes catholiques,  islamiques, judaïques, hindouistes et même bouddhistes s’épanouissent avec violence.  Ces religions suscitent  des réactions parfaitement anachroniques. Elles recrutent facilement, car nombreux sont encore les personnes habitées par les vieux mythes du Dieu tout puissant d’autrefois. Nombreux sont celles et ceux qui sont restés dans le monde hétéronome du moyen-âge. Ils sont d’autant plus violents qu’ils sont déstabilisés par le changement. L’Église catholique découvre avec retard que voilà plus d’un siècle qu’avec la laïcité, elle ne fait plus la loi dans la société. Alors on défile pour dénoncer ce scandale. De même en est-il pour l’Islam ou pour les juifs dévots. Inéluctablement une crise va provoquer une radicale prise de conscience.
Le roi Josias  succomba touché par une flèche égyptienne à  la bataille de Mégiddo en 609 avant J. C. Son grand rêve de la réunion des deux royaumes, l’un du Nord, l’autre du sud, s’écroulait. Mais cette bataille décisive, cette crise  à l’époque prévisible,  préfigure la bataille finale de l’apocalypse qui nous attend.  Ce petit roi Josias avait su réinterpréter le sens de son peuple en inventant la conquête par Josué du Pays de Canaan. C’est en effet grâce à lui que nous sont parvenus les textes fondateurs de la Bible. Malgré Mégiddo, la crise fut donc surmontée à notre profit.

À nous maintenant de préparer  la chute de Babylone, je veux dire du néolibéralisme ; à nous  de préserver nos enfants de la destruction de la planète par les gaz de schistes et d’annoncer le renouvellement fondamental du monde qui vient, annoncé et déjà  présent en Jésus Christ. A nous donc de vaincre "la sainte ignorance" (O. Roy) des illuminés attardés.

H.L.
ce papier m’a été inspiré par la lecture de l’article « Dieu de crainte ou Dieu de tendresse » de Michel Leconte paru dans le N° 270 de la Revue Évangile et Liberté, et par la lecture d’un article de A. Lazartigues, psychiatre réputé de Brest.

 

Tag(s) : #Foi

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