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Lointains souvenirs de l’Union de Paris

U.C.J.G.- Y.M.C.A.100_1000.jpg

 

- Ce récit « d’ancien combattant » évoque les années 1961 à  1965 -


Un tourbillon ! une explosion de joie, d’enthousiasme, générés par une centaine de jeunes vivant dans cette merveilleuse maison de la jeunesse et de la culture (la  première MJC de France m’a-t-on dit). Dans le 9ème arrondissement,

14 rue de Trévise.

Les jeunes, pensionnaires du foyer, donnaient le ton à tout le public adulte bénéficiaire des différents services :

La piscine, le gymnase, la salle de basket-ball ( ce sport a été lancé en France à l’U.P. !) ,

le restaurant, installé au 3ème étage, et où malgré cet handicap des marches à gravir, en l’absence d’ascenseur, les gens se pressaient, car le rapport qualité-prix était performant. A l’époque dont je parle nous avons atteint le record de 1000 repas par jour !

 En redescendant du restaurant, ceux qui le désiraient pouvaient bénéficier des causeries-express…La grande salle de théâtre, encore actuellement en service, permettait aux « clients », d’y accéder, soit au 1er étage, soit au rez-de-chaussée, de se reposer et de se délasser, avant de reprendre le travail et de bénéficier de projection de films avec débat, concerts de musique, « causerie-express » avec des conférenciers qualifiés, sur des sujets éducatifs, médicaux, sportifs, religieux, familiaux, scientifiques, etc.…Tout cela, gratuitement.

 

Les membres de l’Union de Paris et les « clients » des services se mélangeaient aimablement lorsque nous proposions des Conférences en soirée (la plus éminente fut celle d’Edgar Faure, alors ministre, sur la Chine ), des Concerts, des Services religieux à l’occasion des fêtes chrétiennes, des Spectacles montés par la troupe théâtrale ou par la Chorale de l’U.P., et aussi des voyages.

Je me souviens de Vézelay, des Pays- Bas, de l’Allemagne, de la Suisse.

 

Mais l’essentiel des responsabilités que m’imputait ma fonction de Directeur,

concernait les JEUNES.

L’Union de Paris était une création des Y.M.C.A, organisation chrétienne américaine en faveur des Jeunes, dans le monde entier.

Nous disposions à l’époque de 40 « chambrettes » où pour un prix très modique, des apprentis, des étudiants pouvaient se loger en plein Paris. Certes ces chambrettes étaient plutôt des cellules cloisonnées, des boxes, tous installés dans une immense salle. Il a fallu un jour les fermer pour tenir compte de l’évolution des règles d’urbanisme, mais les « anciens » n’en gardent pas de mauvais souvenirs ! Nous disposions également de « vraies » chambres (une vingtaine ), beaucoup plus confortables, mais plus coûteuses !


La plupart de ces jeunes venaient de province, pour faire des études simples ou de haut niveau, ou bien pour gagner leur vie.

L’Union de Paris leur assurait sécurité, gîte et couvert, et un large éventail d’activités sportives, culturelles, et spirituelles s’ils en sentaient le besoin.

Tous les soirs, la grande maison devenait une ruche dans dix salles petites ou grandes. Chacun choisissait au moins une activité (je reconnais que nous exercions une certaine pression, soucieux que nous étions de répondre à la demande des parents, inquiets de savoir leur jeune fils tenté par les  séductions de la ville-lumière !…)

Nous visitions tous les groupes, dont les animateurs bénévoles ou non, mettaient leur compétences au service des jeunes résidents de l’U.P. et de beaucoup de jeunes du quartier, ou de lointaines banlieues : danses folkloriques, chorale, art dramatique, cours d’anglais, études bibliques œcuméniques, mimes,etc…

C’était très passionnant de suivre l’évolution de ces jeunes (16 à 22 ans), leur découverte de Paris, la profonde amitié qu’ils recevaient et….donnaient ! Les familles nous faisaient confiance, mais certains de ces jeunes gens n’avaient que l’U.P. comme famille.

Il faut signaler, que lorsque j’ai accepté la direction de ce foyer de jeunes surtout, mais aussi d’adultes, la règle puritaine de séparation des sexes sévissait. Les jeunes filles ne pouvaient venir en soirée que « pour les réunions religieuses » et en général, accompagnées !

 de nos jours ce « machisme » paraît ridicule ; pourtant c’était ainsi, et je dus batailler ferme pour ouvrir grand les portes, aux filles comme aux garçons (sauf l’hébergement). L’accord fut conditionné à l’embauche d’une animatrice, chargée spécialement de veiller sur le sexe dit « faible ». !

Nous nous efforcions d’offrir à tous ces jeunes, des week-end  en plein air et des voyages à très bas tarifs.

 Ah ! les joyeuses fins de semaine au Meux (Oise), ou à «  l’Oiseau bleu », le coucher sur la paille, les feux de camp, les « festins » sur brasier en plein air, les longues marches en chantant « Hugues Auffray » et les refrains du scoutisme.

Nous revenions fourbus, surtout l’hiver, mais avec une joie tenace dans le cœur.

Chaque année, durant les quatre ans de mon ministère en ce lieu, nous organisâmes durant les vacances scolaires de Pâques, un voyage en car dans l’Europe : Angleterre-Ecosse, Italie du Nord,Espagne-Portugal, Pays-Bas-Allemagne de l’ouest. Dans le car, 40 ou 50 garçons et filles, avides de découvrir des pays d’Europe, succinctement certes, mais quelle chance pour eux qui n’avaient jamais voyagé !

Nous descendions dans des foyers ou des hôtels bon marché, nous improvisions des repas-casse-croûte, alternant avec des restaurants typiques. Un bonheur immense pour ces jeunes .Certains ayant séjourné quatre ans, à la bonne période, ont eu la chance de « survoler »une partie de l’ Europe.

 

La bonne marche de la grande maison, s’ajoutant à une gestion rigoureuse, et aux activités permanentes, c’était beaucoup pour un seul homme !

 Je n’y parvins que grâce à l’équipe d’amis, de collaborateurs, que j’avais mis en place, et qui avec brio assurait toute la logistique (comptabilité, intendance, maintenance des lieux d’activités, secrétariat, accueil, etc.). je ne citerai aucun nom car, hélas, certains sont morts, et je m’en voudrais d’oublier tel ou tel.

C’était une belle équipe ! Le grand vaisseau résistait aux assauts des puritains, des « moralistes-bourgeois », des jaloux !

Pour moi ce furent quatre années épuisantes, mais inoubliables. Jamais je n’ai été appelé à répondre à tant d’appels émanant de jeunes et d’adultes.

A Dieu seul soit la gloire ! Et merci au scoutisme et aux études théologiques qui m’ont préparé à ce « service complet tout azimuts ».

 

De temps en temps un ancien résident me salue de son domicile de France ou de l’étranger. Toujours il exprime sa reconnaissance. Vive l’U.P. !

Ce récit « d’ancien combattant » évoque les années 1961 à  1965.

Le bâtiment « Union de Paris » existe toujours avec des activités réduites ? Sans doute a-t-on manqué de fonds pour la rénovation ?

Pour moi le mystère reste entier. Et la déconvenue.

         Jean   Hoibian

 

 

Tag(s) : #La vie tout court

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