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Trois beaux livres

 

Comment choisir quand l’envie vous prend « d’entrer » en lecture ?

Faut-il se risquer à acquérir les « prix littéraires » ?. On est souvent déçu. On peut se rendre à la Médiathèque et, au hasard, emprunter une dizaine de romans. Je cède à cette facilité, mais à dire vrai, je renonce à lire plus de 40 pages ! de chacun, sauf l’exception rare !

 

Même les émissions littéraires de la télé, sont des pièges

Le présentateur est brillant et sait mettre en valeur la dizaine d’auteurs invités. On reçoit beaucoup de la brillante conversation qui s’instaure. Beaucoup d’idées, de sentiments, de récits d’expériences, d’échanges, sont jetés en pâture aux téléspectateurs curieux. Alors on note tel auteur et l’ouvrage évoqué, et on achète ou on emprunte. Bonne ou mauvaise pioche, c’est la loterie…..

 

Il y a aussi les livres rares. Il faut fouiller dans les comptoirs du libraire, et parfois, bingo ! on emporte à la maison de la beauté, de la passion, de l’émotion, qui nous donnent une rare jouissance.

Ce fut ma chance à la fin de décembre. On m’offrit trois ouvrages merveilleux. Je les ai lus, et relus ! L’envie vous prendra peut-être de les acheter ou de les emprunter ?

 

-« Derrière l’objectif de REZA,  photos et propos.

« Reza est un photographe engagé…il sillonne le monde depuis plus de trente ans pour la presse internationale…. »

Il commente avec une intelligence lucide 150 photos prises à ses  risques et périls dans les pays plongés dans la guerre. Non, pas la guerre ! mais le visage de ceux qui la subissent. C’est bouleversant. Comment pouvons-nous être de ce monde là !

Les photos sont magnifiques et l’humanisme des propos de l’auteur réveille nos consciences.

 

-« L’enterrement de Jules Vallès »

Les dessins originaux et audacieux sont de Eloi Valat. Ils nous font entrer dans la fin d’une page glorieuse et douloureuse de notre histoire : la Commune !

Je dis la fin, car les communards furent massacrés et déportés, et…..largement oubliés. Mais le livre raconte par le talent de Silvia Disegni, la mort du célèbre révolutionnaire, Jules Vallès. Ce fut un évènement !

 

Une foule immense d’hommes, de femmes et d’enfants, envahit les rues et les boulevards de Paris, jusqu’au Père-Lachaise. Beaucoup pleuraient. Le gouvernement réactionnaire de l’époque, devant l’ampleur de cette manifestation à la gloire de « la Commune », préféra

cantonner police et armée dans les casernes. Ce jour là, Paris appartint aux forces populaires !

Adolescent, j’avais lu « l’enfant »  de Jules Vallès. C’est tout. Et plus tard j’avais découvert l’histoire tragique de la Commune avec les souvenirs de Louise MICHEL.

Ce bel album évoque une période de violence, mais aussi de merveilleux sentiments populaires. Une faim et une soif de justice, disparus de notre temps cancérisé par l’argent et l’égocentrisme individualisé.

 

-Enfin, un ouvrage important, qui m’a rempli d’émotion.

« L’Evangile selon « saint Lattier », par Gérard Lattier.

 

Il ne s’agit pas d’un ouvrage religieux. Il s’agit d’un très bel album de photographies ( Jacques Poujoulat ) des tableaux exécutés sur des panneaux de bois par un artiste inconnu, Gérard Lattier. Œuvre réalisée sur plusieurs années.

 Ce peintre a été saisi, non par la religion catholique et ses dogmes, mais par la personne de Jésus, tel qu’il apparaît dans les Evangiles. Ces tableaux paraissent naïfs, puérils. L’interprétation des acteurs de la foi singulière de l’auteur ont choqué beaucoup de croyants traditionnels et la Hiérarchie ecclésiastique n’a pas encouragé l’artiste.

 

Gérard Lattier est un anticonformiste. L’émotion qu’il ressent en lisant l’Evangile, il la traduit avec humour et une sincérité anti-pieusarde et pas du tout pharisienne !

 

Chaque tableau est commenté avec une grande liberté.

On regarde avec étonnement, (Dieu le Père, joue de l’accordéon !), puis on lit, cette « exégèse » audacieuse qui actualise la vie de Jésus.

J’ai adoré ce très bel album d’un ardéchois méconnu, touché par la grâce. J’espère qu’on s’intéressera enfin à lui, lui qui se moque de l’argent et des honneurs !

 

Et grand merci à ceux qui, par ces livres rares, m’ont procuré un immense et durable plaisir.

 

29 janvier 2011          Jean  Hoibian

 

 

 

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