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100-2777.JPGTriste actualité de la guerre

Emotion intense partagée par des millions d’humains quand les sauveteurs en Haïti retirent, après des heures d’efforts, une femme, un enfant, un homme restés coincés sous les masses de béton de leur maison écroulée. Là-bas, la population des survivants applaudit. Et cet hommage aux volontaires tire des larmes aux « voyeurs » de la télévision.

Mais pensons-nous qu’en ces mêmes heures, la guerre tue sans pitié dans une quinzaine de pays au monde ?

Ici une vie est arrachée à la mort avec d’infinies précautions, là le massacre anonyme. Le XXe siècle par la complicité des médias n’a pu dissimuler son évidente férocité. Réalisons-nous cette accumulation d’horreurs, accomplies en notre nom ?

L’Occident n’a-t-il pas perdu son âme ? Tout n’a-t-il pas débuté par cette « grande guerre »  de 14-18, dont parle avec passion et indignation Claude Confortès comédien, poète, écrivain. 

 

30 janvier 2010 Jean Hoibian

 

 

 

 

Le mal de guerre

 

Y a-t-il une force secrète qui transforme l’être humain en bête sauvage, la civilisation en barbarie, la lumière en ténèbres ? Dans notre société hyper médiatisée, la frayeur de la mort est-elle si intense ? Frappe-t-elle si durement l’homme qu’il en arrive, aveuglé par la peur, à commettre les pires atrocités, à perdre tous ses repères vitaux et en particulier le sens sacré de l’amour du prochain : première des vérités premières, premier des dix Commandements : Tu ne tueras point.

La violence est partout. Le « mal de guerre » semble frapper l’humanité hébétée : guerre civile, militaire, mondiale, économique, politique, religieuse, ethnique, visible, invisible. Tuer, tuer, tuer sans relâche. La folie guerrière s’amplifie chaque jour en cette aube du troisième millénaire. Semeuse d’effroi perpétuel, elle conduit les peuples à la boucherie, au désespoir, à l’exode, à l’anéantissement.

Cette aberration triomphante est soutenue par ceux auxquels le crime profite, les industriels de la « défense » : le trafic d’armes est l’une des sources les plus juteuses en dollars, avec la drogue et la prostitution. Il n’est pas interdit de penser que cette furie destructrice ne se transforme, un soir de fin du monde, en un suicide collectif, universel, suite au déclenchement hystérique de bombardements atomiques, d’explosions de centrales nucléaires périmées, d’empoisonnements transcontinentaux de l’air et des eaux, d’épidémies galopantes et d’irradiation planétaire généralisée. Ce sera la fin de l’espèce humaine. La terre entière deviendra un astre mort.


Claude Confortès

 

Extrait de « La plaie, dialogue d’un Homme avec sa Plaie »

Editions Dumerchez (Creil, 1998)

 

Tag(s) : #Société

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