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100_0962.jpgDans le journal " Réforme" on rend compte du dernier livre de Régis Debray.
En voici un extrait plein de saveur :
"la fraternité est une essence rare"

Du Père et de sa Loi, le procès est derrière nous, le verdict rendu, beaucoup ont tourné la page.
De la Mère et du maternage  a été dénonçée, avec tout ce qu'a de repressif et d'infantilisant la Big Mother.
C'est désormais et par ricochet,du Frère,qu'il nous est demandé, en Europe, de faire le deuil.
C'est là que le bât blesse. Et c'est cette blessure qu'on voudrait soigner ou guérir, du moins débrider, aviver et approfondir.
La Fraternité est une essence rare, qui se consomme sur ordonnance, diluée et en prises espaçées- avec la solidarité de l'Etat providence- ou, bien vaporisée en convivialité, pour de brèves euphories, ou alors au compte-gouttes, en tête à tête, sous l'étiquette amitié.
Le policier garde de l'estime pour son collègue. L'avocat ou le médecin pour son confrère. L'ancien élève pour son condisciple, le footballeur pour son coéquipier, l'engagé pour son camarade de régiment, l'ébéniste du Tour de France pour son compagnon.C'est tant mieux, mais pas assez. Notre chère petite personne aspire à plus et à mieux; pouvoir appeler frère ou soeur un étranger qui ne porte pas son nom.
De cette grâce précaire qu'est une famille élective, de ce bonheur insolite et dangereux certes, mais que rien ne remplace, le rëve ou la mélancolie ne veulent pas mourir, étrangement.
La débacle du communisme, l'étouffoir communautaire, la phobie du sectaire et du totalitaire, ont suggéré à de bons esprits qu'il fallait passer un bracelet électronique au suspect "communauté".
Tag(s) : #Société

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