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Mercredi 30 novembre 2011100_0420.JPG

la séparation nécessaire

Quand un couple se forme et s'engage pour une union durable, chacun d'eux pense que c'est pour toujours. Mais il peut survenir un événement qui provoque la rupture. Il y a mille raisons pour casser une union qui semblait indéfectible: la mort d'un enfant, la perte d'un emploi avec la précarité qui s'ensuit, une mésentente qui s'installe parce que l'on se découvre totalement différent de l'image idéale qui avait provoqué le coup de foudre, la jalousie exacerbée, une tromperie, à cause de la routine qui s'installe... Et l'on s'interroge: faut-il tenter de maintenir le couple en vie malgré toutes " les bonnes raisons" qui justifieraient de casser l'union? C'est sur l'inusable fidélité que table l'Eglise catholique. Le protestantisme préfère un divorce à la survie artificielle d'un couple qui n'a plus de sens. Pourquoi vivre en étant indifférent l'un à l'autre? pour sauver les apparences? Pourquoi vivre ensemble peut être en se détestant?

Le film "Je l'aimais" de Zabou Beitmann avec Daniel Auteuil et Marie José Croze illustre cette situation. Ils s'aimaient. Ils  avaient des enfants,  vivaient bien, avec une situation assurée. Puis à l'occasion d'un déplacement pour affaires, l'époux croise une jeune femme. C'est le coup de foudre réciproque. Ils deviennent amants et se retrouvent d'hôtels en hôtels au gré de leurs déplacements professionnels. Survient dans la famille un drame: son fils rompt avec sa jeune femme. Celle ci est désespérée. Le beau père, maintenant âgé, et à la retraite, s'installe avec  sa bru dans une maison à l'écart pour la consoler. Et il lui raconte comment sa vie a basculée quand il a rencontré son amour; un jour en Chine. Comment il a continué à vivre avec sa femme, en maintenant leur mariage alors qu'il ne l'aimait plus. Il avait gardé ses relations, sa maison, ses habitudes , son boucher, son boulanger.  Il voyait de temps à autre sa maîtresse. Ils partageaient un amour fou mais fugace, de rencontres improbables en rencontres fugitives. L'aimée n'en peut plus. Elle rompt. Il est désespéré. La vie de l'un et de l'autre est morne. Il est mort psychiquement; Sa femme vit également sans illusions, une vie insipide puisqu'il ne l'aime plus.

 

Il raconte par bribes ce deuil moral, cette vie qui n'avait plus de sens, que ce soit en ce qui le concerne, que  ce soit en ce qui concerne  sa femme et celle qui était si follement amoureuse de lui. A la fin, sa belle fille comprends que mieux valait en effet que son mari la quitte plutôt que de le voir vivre un jour le même désarroi que son père, quasiment enterré dans une vie de mensonge, sans relations vraies que ce soit avec son épouse, sa maitresse, et lui même. 

 

La morale si je puis dire de l'histoire est la suivante: mieux vaut rompre . L'idéal serait bien sûr de mettre toutes les chances de chaque côté pour que le couple reste sinon ami, du moins en bonne intelligence, en maintenant un lien surtout s'il ya dans des enfants victimes de cette rupture. Un mariage sur deux à Paris vit une cassure. Un sur trois paraît-il en province. C'est la plupart du temps l'épouse qui rompt et demande le divorce. Alors je m'interroge. Ne faudrait-il pas que les églises assurent un accueil et un soutien positif pour aider à vivre ces ruptures. Je ne dis pas d'assurer un accueil pour tenter à tout prix de maintenir artificiellement la survie du couple,  mais au contraire pour aider à franchir l'épreuve ? N'est-ce pas le sens a donner à l'existence qui importe?

 

H. Lehnebach

 

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Tag(s) : #La vie tout court

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