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07 mai 2013

L’Ascension de Jésus Christ100_0309.jpg

 

Nous lisons au livre des Actes des apôtres, Ch. I, v. 5 à 11 :

- Les disciples de Jésus étaient donc réunis et lui avaient posé cette question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas établir le Royaume pour Israël ? » Il leur dit : « Vous n’avez pas à connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute le Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » A ces mots, sous leurs yeux, il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs regards. Comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se trouvèrent à leurs côté et leur dirent : « Gens de Galilée, pourquoi restez vous là à regarder vers le ciel. Ce Jésus qui vous a été enlevé pour le ciel viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en- aller vers le ciel ».

- Ce récit raconte donc l’ascension de Jésus vers le ciel. Il est inutile de se demander si cela s’est effectivement produit. Personne je pense ne le croirait. Mais alors quel est le sens de ce récit ? C’est ce que nous pouvons essayer de comprendre.

Il est évident que Luc, l’auteur du récit, répond à sa façon à la question que lui posent les chrétiens dont il a la charge. Ces derniers se demandent pourquoi Jésus n’est pas revenu dans sa gloire instaurer le Royaume de Dieu qu’il annonçait comme imminent. Quand Luc écrit cela fait bien cinquante ans que Jésus est mort. Et Jésus n’est toujours pas revenu ! Il faut noter que pour ces chrétiens de l’Église primitive, le Royaume de Dieu que Jésus devait instaurer à son retour ici-bas devait prendre sans doute la forme d’un Empire dont le peuple d’Israël serait l’autorité suprême sur le monde entier.

Laurent Gagnebin a écrit un article très intéressant sur ce récit de l’ascension ( à lire dans http://protestantsdanslaville.org). Il nous invite effectivement à ne pas nous arrêter à la dimension mythologique de l’Ascension. La naissance virginale de la vierge, de l’apparition des anges à Zacharie, ou encore à Marie, aux bergers avec l’étoile qui se déplace dans le ciel pour les aider dans leur recherche de l’enfant roi, comme les tombeaux qui s’ouvrent à la mort de Jésus, les récits de la résurrection, sont autant de récits qui ne vont plus de soi à notre époque. Loin de rayer ces récits, sous prétexte qu’ils ne sont plus en accord avec la science, Gagnebin va chercher la signification que le récit de l’Ascension peut avoir pour nous aujourd’hui.

- Annonce est faite aux disciples par Jésus lui-même au cours d’un repas qu’ils vont recevoir le baptême de l’Esprit. Puis, presque aussitôt, ils assistent à son départ définitif. Il les quitte puis monte au ciel. « Comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait voici que deux hommes en vêtement blanc se trouvèrent à leurs côtés et leur dirent : « pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » C’est bien une façon originale de dire :  «  Jésus n’est pas en votre pouvoir. Prenez maintenant vos responsabilités. Bougez vous !  N’attendez plus que Jésus agisse à votre place car il n’est plus là. Jésus, tout comme Dieu lui-même vous échappe. Tout ce que vous pouvez dire du Christ ressuscité est simplement ce qu’il est pour vous, à titre personnel.

Monsieur Gagnebin fait ensuite un petit détour au sujet de la Sainte Cène, de l’Eucharistie. Revenant sur le débat qui divisa les Réformateurs au sujet de la présence réelle du Christ dans les espèces du pain et du vin, il saisit l’occasion pour exposer la position de Zwingli qui disait : « Le corps du Christ, à partir du moment où il monte au ciel, n’est plus en ce monde ». Donc reconnaître que Jésus est au ciel signifie clairement qu’il a désormais un corps « immortel et incorruptible » que nous ne saurions manger. Nous en déduirons donc que pour Zwingli, le pain que nous mangeons quand nous penons la Sainte Cène, n’est pas le corps physique du Christ.( Notons au passage que c’est Zwingli qui est le véritable « père » de l’Église réformée).

- L’essentiel du message à retenir est le fait que si, à Noël, c’est Dieu qui descend vers nous, à l’Ascension c’est l’être humain qui est élevé vers Dieu. « Il faut que Dieu naisse en l’homme et que l’homme naisse en Dieu ». En Jésus donc, l’homme n’est pas réduit à une condition mortelle et pécheresse. Dieu n’a pas besoin de nous écraser de culpabilité, de sentiments de repentance…pour affirmer sa toute puissance.

En Jésus, Dieu n’existe pas sans l’homme, ni l’homme sans Dieu. Dans un autre article           ( http://evangile-et-liberte.org) Raphaël Picon parle de l’effusion de l’Esprit promise par Jésus avant de s’élever au ciel. Faisons donc ce détour. Il parle donc de la Pentecôte d’une façon qui rejoint ce que disait Gagnebin au sujet du rôle auquel l’être humain est appelé quand il est invité à ne plus regarder au ciel mais à se mettre à l’œuvre pour coopérer à l’action positive de Dieu grâce à la force communicative de l’Esprit. « La Pentecôte dit-il, nous invite à croire en un Dieu qui est le souffle et la respiration même du monde, son plus grand poète comme le disait le philosophe Whitehead. Le Dieu-Esprit de la Pentecôte est celui qui nous donne du souffle, qui inspire l’amour et la beauté, qui enrichit le réel de nouvelles possibilités, qui nous permet d’aspirer au meilleur de la vie et de nous-mêmes et qui nous invite à transfigurer le réel pour rendre le monde plus harmonieux. Pour le théologien John Cobb, Dieu œuvre à travers nous à « l’enjoiement » du monde dans toutes ses composantes, humaine, végétale, animale et même minérale ».

H. L.

 

Tag(s) : #Foi

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