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Jésus, né pour mourir

 

born to die

 

100 2236David R. Henson

 

Traduction Gilles Castelnau

 

23 février 2013

J’ai vu en décembre, une église sur la façade de laquelle il était écrit que Noël est l’histoire d’un enfant« né pour mourir ».
C’était évidemment, pour les passants, une manière étrange et plutôt macabre, de leur souhaiter un joyeux Noël. Mais il est vrai que certains croyants ne peuvent pas s’empêcher à Noël de parler de la mort de Jésus en même temps que de sa naissance. On a l’impression qu’en contemplant la crèche de Jésus, ils voient sa croix sous la paille.

Mais Jésus n’est pas né pour mourir. Il est né pour vivre.

Cela me rend triste de penser qu’en regardant l’enfant Jésus dans la crèche on pense tout de suite à la croix qui l’attend.

Cela me rend triste de penser que des gens réduisent le mystère de l’incarnation à la tragédie de la crucifixion.

Cela me rend triste de penser à l’idée que certains se font ainsi de Jésus : qu’il était un agneau muet, élevé pur et sans tache, de sorte que Dieu aurait pu le sacrifier pour régler les problèmes du monde.

Mais ce ne sont pas sa mort et sa crucifixion qui auraient pu régler les problèmes du monde. C’est plutôt sa vie incarnée qui nous fait voir à quoi peut ressembler un monde dont les problèmes sont réglés. Un monde qui ressemble au royaume de Dieu : les affamés sont nourris ; les riches et les puissants qui ne pensaient qu’à sauvegarder leurs avantages sont saisis par un esprit de solidarité et de non-violence ; les opprimés qui se relèvent et les étranger qui sont accueillis ; les responsables religieux qui arrêtent de parler de la mort et de culpabiliser tout le monde ; l’espérance et la joie qui sont de nouveau prêchées. Le chalôm, en fait, le Jubilé, la vie vécue comme la vie éternelle.

Jésus dit bien que la vie éternelle commence maintenant et non pas quand on meurt, que le ciel est un endroit qui est la terre, si seulement on a les yeux pour voir et le courage pour y vivre.

Est-il possible de résumer les trois décennies de la vie rédemptrice, tragique et révolutionnaire de Jésus, en ses trois derniers jours ?

Est-il possible de réduire la vie innovante de Jésus à la transaction finale dont sa mort serait l’objet ?

Est-il possible de se tromper à ce point sur la question du salut ? Ce n’est pas la mort de Jésus qui apporte le salut, c’est sa vie.

Le salut ne vient pas de sa crucifixion ou de sa résurrection mais de son incarnation. Le symbole de Nicée dit bien : « Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel… et s'est fait homme. »

La croix ne fait pas partie de l’histoire de Noël.

Jésus n’est pas né pour mourir.

Dieu n’a pas planifié le sacrifice de la croix de façon à permettre à sa colère de s’apaiser et de finalement pardonner à l’humanité pécheresse. La croix est le résultat de la colère des puissants opposés au message de Jésus de libération et de justice.

Jésus n’est pas mort pour nous. Il a vécu pour nous.

Mourir pour les autre n’est pas aussi difficile que vivre pour eux. Jésus a bien dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour les autres. Ce verset de l’évangile de Jean concerne non pas la crucifixion de Jésus et son martyre mais notre vie en relation avec nos prochains et délivrée de nos égoïsmes. Jésus nous dit de cesser de nous préoccuper seulement de nous-même et de notre seul bien-être, de renoncer à nous venger et de rechercher plutôt la réconciliation, de pardonner aux autres et... de nous pardonner à nous-même.

Il nous appelle à considérer les autres comme des frères et des sœurs et de leur serrer la main plutôt que le tendre le poing comme à des adversaires ou des ennemis. A nous ouvrir à eux afin que tout aient suffisamment et aussi que personne n’ait plus qu’il ne convient.

Le salut de Jésus se trouve dans la Voie qu’il suivait, dans la proclamation et l’incarnation – dans la vie ! - de la bonne nouvelle que Dieu nous aime, que Dieu est avec nous, qu’un monde meilleur est possible, qu’il y a encore de l’espoir quand tout espoir est perdu et que l’espoir est ici et maintenant sur notre terre, en nous et avec nous. Le message de Noël n’est pas que Jésus doit mourir mais que l’espoir peut toujours survenir de la manière la plus inattendue. Et quelle que soit l’origine de cet espoir – un enfant non désiré par une fille peut-être suspecte et né entre un bœuf et un âne – nous nous y attachons durant les nuits noires et froides. Et nous refusons au spectre de la mort d’assombrir la beauté de cette vie jaillissante.

L’espoir est l’étoile, l’étincelle de divinité qui perce l’obscurité. La mort est, certes, inévitable mais voici l’espoir de l’incarnation : la vie surgit, la vie éternelle est là et elle est là maintenant.

 

 

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Tag(s) : #Foi

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