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ENFANTS et PARENTS

 

Un fils questionne son père, après avoir rendu hommage à l’influence bénéfique que celui-ci a eu sur l’orientation de sa vie.

« Tu m’as beaucoup apporté. Tes engagements m’ont marqué…

Maintenant que je suis bien engagé dans l’existence, j’ai envie de te poser une question : moi, ton fils, t’ai-je apporté, t’ai-je appris quelque chose ? »

La question est insolite, non ?

Les parents dont les enfants sont devenus adultes se posent d’autres questions, en général.

Ai-je été un bon père pour eux ? Leur ai-je donné suffisamment d’amour, de tendresse, de temps ?Ai-je sût les écouter avec patience ? respecter leurs désirs profonds ?

Ai-je je été honnête à leur égard, ne leur cachant rien de ce qu’ils pouvaient entendre ?

Ou bien, ai-je joué la comédie ? n’étant pas réellement celui dont je jouais le rôle, celui dont je prenais l’étiquette, l’apparence ?

Examen de conscience parfois douloureux, car nos vies sont faites de lumière et d’obscurité, n’est-ce pas ?

 

Le père se questionne : ai-je exercé correctement mes responsabilités de père de famille ? En tant que croyant, ai-je su leur transmettre les valeurs chrétiennes de mes ancêtres, celles qui, à mes yeux, fondent ma vie ?

Questionnement douloureux dont il faut s’affranchir au nom de Celui qui est le Maître de nos vies et qui chemine avec chaque parent, dans l’accompagnement des enfants.

Car peut-être que nos peurs, nos angoisses, nos désirs non satisfaits vis-à-vis de nos fils et nos filles, relèvent plus d’un sentiment orgueilleux et possessif ; Je décide pour eux, je construit leur avenir, j’impose mes choix dès la petite enfance, PAR AMOUR ! ?

 

Mais le poète libanais Khalil Gibran nous ouvre les yeux :

« Vos enfants ne sont pas vos enfants.

   Ils sont les filles et les fils de l’appel de la Vie à elle-même.

   Ils viennent à travers vous mais non de vous.

   Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. »

Je retrouve bien là ,l’appel du Christ-Jésus à la responsabilité individuelle de chaque être.

 

Père ou mère, nous ne sommes que témoins émerveillés de cette vie fruit de notre union, qui va très lentement devenir une personne, si proche de nous, et si différente.

 

« Chacun sa chance, chacun son chemin ».dit la chanson.

C’est comme le petit plant d’arbuste que je mets en terre. Deviendra –t-il un arbre vigoureux ,donnant de beaux fruits, ou un arbuste malingre et stérile ?

 

Et voici que le cœur du père se gonfle de reconnaissance. Ce fils, cette fille, sont nos nourriciers !

Par leur jeunesse, leur vitalité, ils nous ont « boostés » hors de nos pesantes routines ! Ils nous ont, parfois avec insolence, apporté le changement, la nouveauté, la nécessité d’une vision du monde plus audacieuse, moins hypocrite, plus réaliste.

Ils savent des tas de choses que nous ignorons. Ils maîtrisent des techniques que nous n’abordons qu’en tremblant.

A leur age nous étions timides, la langue et le corps embarrassés.

 

Ils nous font parfois peur avec leurs trop faciles certitudes, leurs décisions trop rapides, la violence de leurs jugements et parfois de leurs détestations.

Qu’apprenons-nous de nos grands enfants ?

Que nous ne savons pas grand-chose, au fond, sur la vie, ses règles mystérieuses, le comportement humain, l’avenir du Cosmos.

Mais ne nous suffit-il pas de mettre résolument nos pas dans la trace du « Fils de l’Homme » et de faire tout « ce que nous pouvons » pour le bonheur de nos filles et de nos filles ?

Apprenons à dialoguer avec eux, à chercher ensemble « la vérité de toute notre âme ».

Ils sont « demain », nous sommes « hier ». Soyons ensemble « l’aujourd’hui » !

Sans oublier le cadeau qui nous comble et fait fondre nos cœurs :les petits enfants, leurs larmes et leurs sourires.

 

                  

              Jean   Hoibian

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #La vie tout court

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