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EGLISE REFORMEE, REFORME TOI

« ecclésia reformata semper reformanda »2011 avril parc floral de Paris (26)

 

Les églises doivent-elles être  réformées, ou bien s’agit-il d’institutions immuables ?

 

J’aimerais évoquer avant tout la grande et puissante Eglise Catholique (en France elle est tellement majoritaire qu’on ne parle que d’elle. Mais attention, l’Islam tient une place de plus en plus grande !).

Au cours des siècles cette institution (qui était aussi la nôtre à nous protestants, jusqu’au 15 ème siècle) n’a cessé d’apporter des modifications, tant du côté de la doctrine, que de celui des rîtes et des coutumes.

Pensons aux nombreux Conciles et aux Déclarations officielles du Vatican. Un théologien distingué, le Père Congar a déclaré : « L’Eglise a toujours été en activité de se réformer elle-même. »

Lors du Concile Vatican 2 : »L’église est  appelée par le Christ à cette réforme permanente dont elle a perpétuellement besoin en tant qu’institution humaine et terrestre ». Ces propos ne contredisent pas la conviction affirmée de toutes les églises chrétiennes : seul Dieu, peut réformer l’Eglise !

La structure centralisée de l’Eglise Catholique, avec son Pape, ses archevêques, ses évêques, sa constitution étatique, et le rôle d’autorité et de contrôle réservé aux membres de la prêtrise, permet un ordre apparemment parfait : le Magistère fait la loi. Il suffit au fidèle d’écouter et ..d’obéir.

Tout irait bien, dans le meilleur des mondes, si..justement ce monde n’avait pas profondément changé en un siècle ! Alors les paroisses manquent de prêtres, les fidèles ne pratiquent plus, la jeunesse semble tourner le dos à la foi !

Avec tristesse je lis les statistiques et j’espère que toutes les initiatives proposées par le Vatican, par les Evêques et par..les fidèles aboutiront ! Mais, en tant que protestant, j’ai du mal à imaginer qu’une institution faisant référence à 2000 ans de dogmes, de liturgies, de rîtes, puisse changer suffisamment pour que le monde  moderne l’écoute et s’engage. C’est je pense, à la fois sa force (hors de l’église catholique, pas de salut) et sa faiblesse .Qui vivra, verra !

 

Les réformateurs du 15 ème siècle ont ouvert à la Foi de nouveaux chemins.   Luther, moine à l’époque, a prié et espéré pour que la grande réforme qu’il entrevoyait soit acceptée par Rome. Il n’en fut rien et, dans un certain désordre, naquirent les églises réformées ; principalement, la « luthérienne » et la « calviniste », toutes deux représentées en France.

Comment expliquer simplement la structure des églises réformées ?

-        l’organisation est démocratique. Les responsables nationaux sont élus par les fidèles pour un mandat limité..

-        -La Bible est la seule autorité reconnue. Elle a barre sur toute tradition ou coutume.

-        L’affirmation de foi est simple : en Jésus-Christ, le pardon total et inconditionnel nous est acquis.

-        Deux sacrements sont acceptés : le baptême et le repas du Christ : la Cène.

-        Chaque croyant est responsable de sa relation avec Dieu.

-        Le comportement moral (éthique) de chaque croyant protestant relève avant tout de sa conscience. Mais une dominante s’affiche avec le sommaire de la Loi, rappelé par Jésus : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu, et ton prochain. »

 

La grande idée des réformateurs était de « dépoussiérer » l’église, de simplifier les devoirs du croyant, de le rendre responsable, libéré d’une culpabilité ankylosante, et prêt à assumer ses responsabilités vis-à-vis de la société.

 

Je n’ai nulle envie de dire à mes frères catholiques : vous avez tort, nous avons raison. Car dans ma propre église, celle que je sers depuis 1951, je constate un recul navrant, un malaise profond, une fuite des jeunes, une incapacité à annoncer l’évangile dans un langage moderne, et bien des dérobades lorsqu’il s’agit de répondre aux appels du monde pour davantage de justice, de  paix, de  solidarité.

On quitte parfois les églises réformées pour des écclésioles dites « évangéliques » où la dominante est de l’ordre de l’émotif, négligeant la réflexion. On lit la Bible au premier degré, lui attribuant un caractère historique, qu’elle ne possède que très partiellement. On gomme le salut gratuit en insistant sur une morale étroite, ne tenant pas compte des évolutions liées aux progrès scientifiques .On tourne résolument le dos à notre monde qui a davantage changé en 60 ans qu’en 2000 ans !

Rien de bien encourageant dans ces constations dont il faudrait affiner le contenu.

 

Ce qui nous préoccupe c’est le fossé d’incompréhension, ou pire d’indifférence !

qui sépare le monde, moderne, scientifique, agnostique, du peuple des croyants.

Le retard accumulé par les chrétiens est tel que rien ne semble pouvoir redonner aux églises une parole efficace, écoutée et acceptée.

 

A moins que les églises de la réforme ne tentent une conversion radicale !!

Ce n’est pas impossible pour des communautés qui ont rompu avec tout système

d’autorité pour vivre le témoignage sur un mode démocratique.

 

Il faudrait proposer une lecture de la Bible intelligente, éclairée,appuyée sur les travaux modernes de l’histoire, de l’archéologie, de la linguistique. On accepterait l’idée que le message de la foi résulte d’un tri courageux entre mythes, symboles et paroles inspirées. On n’aurait pas honte d’utiliser son intelligence pour découvrir les vérités éternelles.

 

On donnerait priorité à l’action bonne. L’église deviendrait une ruche où chacun trouverait sa place dans le grand projet du Royaume de Dieu. En avant pour la construction d’un autre monde de justice, de paix, de solidarité ! Les fidèles seraient appelés sans cesse à construire leur vie à contre-courant de celle de leurs contemporains.

Pour cela des équipes d’informateurs aideraient les membres à comprendre l’évolution de la société. On ne vivrait plus dans des églises closes, opaques au monde. Une place importante serait réservée dans le culte pour des prières d’intercession aboutissant à des engagements personnels ou collectifs.

Et comme évidemment la corruption du monde ne disparaîtrait pas miraculeusement, on se ménagerait de grands moments de silence méditatif dans les assemblées.

 

Le contenu du culte serait proposé à chaque communauté, après discussion ouverte, où tous auraient la parole. On réviserait régulièrement la liturgie, les chants,les déclarations de foi (de conviction) afin de s’assurer que le commun des mortels puissent en comprendre le sens.

 

En quelque sorte, nos églises deviendraient des sortes de clubs de prière, de réflexion théologique, de méditation fervente, conduisant à un engagement permanent dans la société

En transparence avec l’Evangile, nos communautés planteraient chaque jour les « signes » du Royaume de Dieu. Il y ferait bon vivre, dans la joie, la fraternité, la solidarité.

 

J’ai conscience de plonger dans l’utopie. Mais au moment où notre vieux monde est débordé par les secousses d’une crise financière que personne ne contrôle,

N’est-il pas temps de changer de cap ?

La chose la plus importante dans l’existence c’est de laisser Dieu nous réformer, lui laisser la maîtrise d’un réveil de nos églises au service du monde.

 Pour cela entrer dans une sanctification personnelle, nous approcher du Divin

 

Ami lecteur qu’en penses-tu ?

S’il te vient l’idée qu’on devrait essayer, parle-en autour de toi !

 

                        Jean  Hoibian.      

 

 

 

 

Tag(s) : #Eglise

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