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Vive « 100_0284.jpgles deux Eglises » ! Eglise « risque tout » et Eglise « refuge »

 

Oui, il y a deux Eglises, et elles doivent être associées, solidaires :

L’Eglise « risque tout »,bien sûr, c’est celle des disciples de Jésus, ceux qui ont accepté avec enthousiasme d’entreprendre avec luile sauvetage d’un monde en perdition, en se battant sur tous les fronts, contre tout ce qui détériore, fait souffrir et mourir, en inventant un tout autre monde, celui de l’amour paradoxal qui renonce aux rancunes et aux vengeances, aux injures et aux mépris, qui va jusqu’à aimer ses ennemis et rendre service à ceux qui vous font du mal…C’est une Eglise extraordinaire. Elle souffre, mais elle est heureuse car elle réalise le grand projet de Jésus.D’ailleurs ce n’est même pas une Eglise, plutôt un mouvement, une confrérie, discrète, sans armes ni moyens financiers. Jésus la compare à une graine de moutarde, une semence microscopique à la production prodigieuse…

 

Et puis l’Eglise « refuge » : une communauté où l’on est entendu, compris, secouru, consolé, encouragé…une communauté où l’on a plus peur, où l’on ne vous propose que ce qui à la mesure de vos forces, où l’on vous ménage sans vous faire oublier ce qu’est le véritable évangile du risque, où vous pourrez sans doute vous engager un jour, quand vous aurez repris des forces. Car ces deux Eglises sont solidaires, s’aiment et s’estiment réciproquement et l’on peut passer de l’une à l’autre.Car il arrive que les vaillants du risque soient brisés par des épreuves et aient besoin pour un temps d’un refuge. Et des « réfugiés » qui se lancent à nouveau dans la bataille quand la guérison est là et la cicatrisation des blessures. L’une est de type sacerdotal, rituelle, sans surprise…l’autre est de type prophétique, audacieuse, imprudente…

 

Mais il ne faut pas les opposer l’une à l’autre. Toutes les deux sont nécessaires. Vous savez bien : le Samaritain qui, à ses risques et périls, dans une région infestée de brigands, de zélotes, de terroristes, impitoyables, accepte de s’arrêter pour secourir un blessé inconnu à demi-mort, membre d’un peuple qui méprise et haït le vôtre ; Samaritain qui, néanmoins, donne tout, de son temps, de ses capacités, de son argent…C’est l’Eglise du « risque », fidèle à la proposition de Jésus, à l’œuvre dans son entreprise grandiose…(Luc 10), qui invente une façon de vivre tout à fait folle et imprudente.

 

Mais il n’est pas seul : il y a quelque part une auberge et un aubergiste de bonne volonté (le mot hôtellerie, l’oustal, c’est ce qui a donné le mot hôpital, le lieu où l’on va être pris en charge, soigné, assisté…).Cet hôtelier, c’est l’Eglise « refuge », celle qui accueille avec dévouement les blessés de la vie, les matraqués par les épreuves et par les deuils, les maladies aussi. C’est un des visages indispensable de nos communautés. C’est certain, il faut les deux et qu’elles soient en dialogue et vivent la solidarité. L’Eglise « risque tout » pour Jésus est là aussi pour empêcher que l’Eglise « refuge » devienne un mouroir où l’on meurt d’insignifiance et d’ennui. Et l’Eglise « refuge » est là pour accueillir, pour rappeler aussi que les plus vaillants sont menacés ?

 

Inversement aux tout premiers temps du christianisme, on a établi sept « diacres » pour être responsables des « resto du cœur » de l’Eglise primitive, dont Etienne et Philippe. Et à peine installés dans « la diaconie », ils se sont lancés dans la prédication aventureuse, et même arrogante et polémique ( car leur message était davantage leur invention que celui de Jésus) et Etienne l’a payé de sa vie. Mais le principe est là : pas de diaconie sans prédication prophétique, pas de prédication prophétique sans diaconie…

 

 

                                    Pasteur Roger Parmentier

 

                                    Article paru dans Golias Magazine n°131           

Tag(s) : #Eglise

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