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100_0491.JPGDe l’usage de l’alcool dans notre société

Résumé de la rencontre « chrétien citoyen » de 27 novembre 2007

La situation actuelle.

En France 5 millions de personnes, dont 1/3 de femmes  2/3 d’hommes,  sont répertoriées comme malades alcooliques. Tous services confondus, 35 % de personnes hospitalisées, ont des difficultés avec l’alcool. Celui-ci cause 45000 morts par an. (Chiffre à comparer avec les morts du sida ou de la drogue qui n’atteint pas un millier).

Mais l’alcoolisme c’est aussi  près de  29,3% d’hommes et 11,7 % de femmes de la population adulte qui abuse de l’alcool. Cet abus se manifeste :

de manière chronique (plus de 3 verres/ jour / homme ou 2 verres/ jour/ femme.

De manière occasionnelle mais répétée

De manière cyclique

Ces personnes ne sont pas classées comme alcooliques mais ce mésusage de l’alcool a des conséquences dramatiques, non quantifiées  et non perçues par les intéressés comme par l’entourage  et la société en général.                                                                                                                                                  .                      Colère et emportements non justifiés avec perte de contrôle de soi

                       Grande fatigue attribuée au travail ;

                       Difficultés conjugales (trouble de la sexualité, adultères, divorces)

                       Peu d’intérêt pour les enfants

                       Altération des facultés de la compréhension et de la réflexion.

Les causes de cet alcoolisme se situent au niveau du vécu de chacun : terrain favorable dû à la génétique, héritage social et familial, besoin d’être aimé et compris, besoin de fuir ou d’aménager la réalité pour la rendre supportable. La société à travers ses us et coutumes met à disposition le produit et incite chaque citoyen à prendre de l’alcool.

La lutte contre la dépendance et les excès d’alcool. 

               La lutte contre l’alcoolisme est née dans les pays anglo-saxons dès 1820 sous forme de « sociétés de tempérance » qui invitaient tout un chacun à s’abstenir de boissons alcoolisées.  Il faudra attendre 1883 pour qu’une de ces sociétés arrive en France : la Croix Bleue, d’inspiration protestante. La croix d’or et vie libre d’inspiration catholique puis les alcooliques anonymes avec une démarche spirituelle précise et généraliste ont vu le jour dans la première moitié du XXème siècle.

                 Il faudra attendre les années 1950 pour que la médecine s’intéresse vraiment à l’alcoolisme, en donne une définition précise et le classe parmi les maladies pouvant atteindre tout humain ;  mette enfin  en place de véritables stratégies de soin :

           Cure de dégout (abandonnée actuellement)

           Piqûre chauffante, quasi abandonnée

           Traitement par psychotropes (anxiolytiques, antidépresseurs, hypnotiques) et vitamines

           Groupes thérapeutiques (groupe de paroles, accompagnement ambulatoire…)

L’approche médicale a été un très grand progrès mais elle a aussi ses limites :

              Elle cible les personnes dépendantes mais laisse ceux qui abusent du produit sans que la dépendance soit installée.

              Le malade s’installe dans son statut de malade et attend la guérison comme venant extérieurement à lui-même.

              L’administration de médicaments psychotropes affaiblit la capacité mentale et intellectuelle de la personne.

             Il n’est pas du rôle de l’approche médicale d’intervenir sur la recherche de la raison et du sens de la vie, domaine sur lequel butte la personne qui s’alcoolise.

Pour ce qui est des excès de l’alcool et de la place que ce dernier occupe dans notre environnement social, il y a peu de choses mises en place ; il y a un an la cour des comptes soulignait   l’opposition qu’il y a entre les impératifs de santé publique et le poids économique du secteur de la production et de la commercialisation de l’alcool. Quant à la lutte pour  la sécurité routière si on ne peut que se réjouir des résultats obtenus, on peut déplorer que  ses slogans sont presque un encouragement à s’alcooliser pourvu que l’on ne conduise pas.

Quelques suggestions pour en sortir :

            Déclarer l’alcoolisme  cause nationale au même titre que le cancer.

            Faire comprendre à la population que l’alcool est un produit dangereux, qui ne peut être consommé qu’exceptionnellement ou pas du tout ! Il ne peut être banalisé comme c’est le cas actuellement.

             Travailler pour qu’il y ait un changement de statut de l’alcool dans la société. Consommer de l’alcool même modérément, n’est pas une norme. Il reste une drogue au même titre que le tabac. La possibilité de vivre sans ce produit doit être pleinement reconnue. 

             Il faut démystifier la place de l’alcool dans notre société. Exemple : ne plus l’associer aux victoires, à la fête, à l’apéritif. Savoir accueillir sans offrir de l’alcool. Raréfier les points de ventes.

            Cesser de faire de ce produit une base culturelle. Il fait parti des us et des coutumes. La culture, à l’inverse,  recherche l’inédit. Elle nous élève au dessus de nos habitudes. Elle nous amène à choisir nos amis, nos comportement, nos pensées, les choses.

            Repenser la consommation d’alcool et la liberté publique comme cela vient d’être fait pour le tabac. Il y a trop de tables, trop d’endroits, trop de fêtes, trop de traditions où la liberté publique n’est pas possible car non organisée par la loi.

Conclusions

        Lorsqu’une personne dépendante de l’alcool cesse de boire elle est montrée du doigt. Elle s’entend dire « vous êtes malade ». Elle se sent rejetée, mise à l’écart, pas comme les autres, pas dans la norme. C’est pourquoi il est très difficile d’arrêter de boire sans livrer un combat, sans entrer dans  une opposition qui n’est pas à la portée de tous. Seule une révision de la place de l’alcool dans notre société peut aider à la guérison de la dépendance et au recul des méfaits de l’alcoolisme en général.

      Aujourd’hui celui qui vit sans alcool parce qu’il a choisi, qu’il soit un ancien malade alcoolique ou pas, ressemble à ce mât sur lequel s’est fait enchainer Ulysse pour ne pas succomber au chant des sirènes en se précipitant dans l’océan. Beaucoup viennent à lui pour ne pas succomber à ce produit dangereux, pour garder la distance.   Serge SOULIE

Tag(s) : #Société

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