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25 juin 2013

De l’égalité dans les évangilesDSCF2106

 

Lisant l’épître aux Colossiens je tombe sur le verset suivant : « Épouses, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur… » ( Col. 3, 18). Ce verset est  suivi de celui-ci également inégalitaire: « Esclaves, obéissez en tout à vos maîtres ici-bas »… Dans l’épître aux Éphésiens je trouve encore : « femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur, car le mari est le chef de la femme… » ( Eph. 5, 21). L’apôtre Paul était-il vraiment machiste ! En fait, les exégètes nous apprennent alors que si ces épîtres s’inspirent del’apôtre, ce n’est pas lui qui les a rédigées, mais certains de ses disciples, de ses secrétaires alors qu’il était en prison. En fait Paul était a priori pour une parfaite égalité homme-femme. Il était réellement pour l’égalité non seulement entre hommes et femmes, mais aussi entre maître et esclave. N’avait-il pas recommandé à Onésime, un frère dans la foi, d’affranchir son esclave ? Il allait même, oh scandale !  jusqu’à partager le pouvoir entre hommes et femme dans les communautés qu’il avait créées. ( cf. Priscille et Aquilas, Lydie à Philippes, Phoebé, etc.). Il semble donc qu’il y ait rapidement eu, à sasuite,  des dérives dans la pratique de l’église.


Pourtant Paul était tout à fait en accord sur ces points, avec ce que nous rapportent les évangiles concernant le rôle et le poids des femmes.  Ce sont les théologiennes féministes qui ont mis en évidence combien notre lecture de la Bible est restée machiste . Garder des lunettes masculines pour lire les évangiles conduit à filtrer bien des messages pour passer sous silence le rôle souvent prééminent des femmes.

Pierre, le disciple que l’on a tendance à considérer comme le futur chef de l’Église, le premier des papes, confesse bien que Jésus est le messie, l’envoyé de Dieu (Marc 8, 27-33). Toutefois sa conception du Messie est fausse. Et Jésus le reprend. Les disciples sont en effet incapables de comprendre, d’accepter que leur Seigneur est le Messie souffrant ! A l’opposé les femmes sont davantage à la hauteur. Ainsi c’est une femme qui, contre la volonté des disciples, oint de parfum la tête de Jésus et reconnaît de cette façon, sa marche vers la mort (Marc 14,3-9).
Alors que les hommes abandonnent Jésus au moment de sa crucifixion, c’est le groupe des femmes qui est présent (Marc 15, 40-44). Elles sont, dit Zumstein[1], restées solidaires et sont restées témoins privilégiées. 
Au pied de la croix , on trouve à égalité, le centurion romain et…des femmes. Il n’y a donc pas de distinctions éthiques, sociales, sexuelles, religieuses dans l’évangile de Marc. Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Marie mère de José se rendent au tombeau. Elles sont les seules témoins apostoliques de la Résurrection (Marc 16, 1-8). C’est un comble ! Où sont donc les bonshommes ?

Si l’on feuillette l’évangile de Jean il en est de même. A Cana, Marie, la mère de Jésus, se soucie de ce qui manque pour que la fête et l’ouverture du ministère de Jésus soient réussies. C’est bien elle qui inaugure le ministère de Jésus. Comme c’est elle qui le clôt à la croix ( Jean 19, 30). Elle est la figure d’Israël fidèle, réceptive à l’activité  de Jésus.
Quand Jésus annonce à ses disciples que son ministère va le conduire à la mort, déçus, certains le quittent. Pierre, à qui Jésus demande s’il ne veut pas lui aussi le quitter répond : « Seigneur à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous, nous avons cru et nous avons connu que tu es le Saint de Dieu » ( 6, 69 ). Marthe, celle qui obtint du Christ le retour de Lazare à la vie, à l’aube de la Passion, prononce une confession de foi qui réédite la confession de foi de Pierre : « Oui Seigneur ! Je crois que tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ». C’est cette confession de foi que l’évangéliste reprendra pour clore son récit ( Jean 20, 31). Les femmes dans l’évangile de Jean, sont les témoins de la Résurrection.
Marie de Magdala sera la première à découvrir le tombeau vide. ( 20,2). C’est elle qui voit le ressuscité apparaître. (20,11-18). Ainsi les femmes apparaissent tout à fait comparables aux témoins apostoliques.

Il est vraiment étonnant que les Églises protestantes aient mis plusieurs siècles avant d’admettre que des femmes puissent assurer la prédication. Aujourd’hui encore quand par hasard c’est une femme qui préside le conseil presbytéral, il y a toujours deux ou trois hommes pour le déplorer au lieu de la soutenir. Il est également stupéfiant que l’Église catholique continue à se priver de la moitié de son humanité pour assurer son témoignage. Le poids socio culturel des pratiques domestiques pèse donc aussi lourdement aujourd’hui que par le passé. En effet le mot « servir » dans la Bible concerne une femme huit fois sur dix, malgré l’attitude révolutionnaire du Christ.
 H.L.

 

 

 

Tag(s) : #Eglise

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