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UN DRAME HUMAIN ACTUELLEMENT SANS SOLUTION :
LES ETRANGERS DEMANDEURS D’ASILE.

Le  gouvernement français a décidé, en accord avec le Conseil de l’Europe de limiter au maximum l’entrée des étrangers dans le pays. Certains politologues pensent que le Président de la république a décidé de tourner le dos aux traditions françaises d’accueil et d’asile pour satisfaire les électeurs du Front national qui ont une position nationaliste, voire xénophobes.
Depuis son élection, et surtout depuis un an,le Président a mis en route une action énergique de chasse aux clandestins.
Son ministre Mr Hortefeux affirme sa volonté d’expulser 35.000 étrangers par an. Or tous les connaisseurs de la question estiment à plus de 350.000, le nombre d’étrangers vivant en France clandestinement.Comme on ne veut pas les régulariser à la manière espagnole, on reste avec un problème insoluble.
C’est donc une position arbitraire. Malheur aux étrangers qui tombent dans le filet !
Or il se trouve que les étrangers les plus mal lotis sont les demandeurs d’asile.
Ils viennent en France et loyalement déclarent à la police des frontières qu’ils demandent asile. On les dirige alors vers l’un CADA de France (centre de demandeurs d’asile) Ils sont logés gratuitement et touchent une modeste allocation,ils bénéficient aussi d’une assistance socio-juridique. Ils sont libres d’aller et de venir. Leurs enfants sont admis dans l’école du quartier. Mais les adultes n’ont pas le droit de travailler.
Alors commence pour eux des démarches compliquées, avec des attentes harassantes dans les différents services. Et le plus souvent la réponse est négative de la part de l’O.F.P.R.A. dont le seul bureau pour le territoire est à Fontenay-sous-bois, dans la banlieue parisienne. Ce refus est aussitôt contesté, mais il faut payer un avocat qui va multiplier appels et recours. Cette situation angoissante peut durer plusieurs années. Finalement la famille reçoit l’ordre de quitter le territoire. Pour certains une aide financière est accordée pour le retour. Pour d’autres, c’est l’arrestation au petit matin (action parfois brutale : portes défoncées, père de famille menotté devant les enfants terrorisés, etc..) et enfermement dans un centre de rétention, jusqu’à l’expulsion manu militari, en général par avion.
Telle est la situation à Montélimar où fonctionne un CADA.
La population a pris peu à peu conscience du scandale en découvrant que dans une classe, un élève était brutalement arraché à ses études, et à ses camarades, par décision du Préfet.
Les enseignants, les parents d’élèves, les écoliers,ont réagi. Un certain nombre de bénévoles d’associations sociales ont interpellé les pouvoirs publics, sans obtenir d’explications.
Or les dossiers établis par ces étrangers semblent parfaitement justifiés. L’histoire de ces familles est l’écho d’immenses malheurs :femmes violées, hommes battus, torturés, enfants traumatisés. Menacés de mort, n’en pouvant plus, ils ont décidé de venir en France, pour vivre enfin humainement et travailler.
La réputation de la France terre d’asile leur avait redonné espoir.
Hélas, il n’en est rien, et nombreux sont les citoyens français qui ont honte de la situation actuelle.

Que faire ? Dans notre pays tout être humain plongé dans la misère peut être accueilli dans un foyer, nourri, et aidé à trouver du travail. Les nombreux bénévoles de Montélimar, qu’ils soient chrétiens ou non, émus par ces situations de détresse extrême, ont agi pour loger,et secourir. Mais il faut savoir que cacher un étranger frappé d’expulsion,le faire travailler « au noir », peut apporter à la personne charitable une forte amende, voire une peine de prison. Ces étrangers ayant reçu l’ordre de quitter la France doivent se cacher sous peine d’arrestation. S’ils sont inexpulsables, leur pays d’origine refusant leur retour, ils ne peuvent légalement profiter d’une aide sociale quelconque. C’est la clandestinité, c’est l’horreur, c’est une situation que les militants du Cercle de silence de Montélimar ne peuvent pas accepter.

CERCLE DE SILENCE 
A l’exemple des Franciscains de Toulouse des cercles à forme diversifiée se sont créés dans près de 60 villes de France, et à Montélimar depuis le 30 Avril 08.
Dix-sept associations à caractère social ( dont 5 chrétiennes) ont formé un collectif. Pour échapper aux accusations partisanes, nous avons décidé de ne pas engager les Eglises, ni les syndicats, ni les partis politiques. La petite équipe qui mène cette action militante a obtenu de contrôler strictement le contenu des pancartes. Pas de slogans négatifs, ni à caractère politique direct.
Tout se passe bien pour cette rencontre hebdomadaire. Beaucoup de passants lisent nos pancartes, acceptent nos textes, signent notre pétition. Mais pendant ce temps des familles sont expulsées ou pire jetées à la rue. Nous ne pouvons pas ne rien faire, et nous n’avons pas les moyens d’agir légalement. Par ailleurs où trouver de l’argent pour payer les avocats et tous les frais de dossier et de démarches. Certaines situations sont si cruelles que notre conscience nous tourmente.

D’où cette idée de demander aux Autorités religieuses dont nous dépendons, nous les chrétiens, de prendre rendez-vous avec le préfet de valence, pour lui exposer notre souffrance de solidarité.

A suivre.

Ce dossier a été rédigé par le pasteur(retraité) Jean HOIBIAN, ancien aumônier des prisons de la région parisienne.
Nous nous sentons très soutenu par les prêtres et le pasteur de Montélimar.
Le 17juillet 08
Tag(s) : #Société

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